6, 1, 3 c'est le nombre de fois que nous avons crevé, le nombre de pot d'échappement perdu au milieu du chemin et le nombre de jours où nous sommes restés bloqués au milieu de nulle part parce que le moteur ne voulait plus démarrer.
On voulait de l'aventure, et ben on en a eu un peu plus qu'espéré!
Il faut dire que notre moyen de locomotion était un van russe de la marque UAZ sans âge, qui demandait beaucoup d'attention de la part de notre chauffeur Batra pour tenir le choc des pistes mongoles.
Et puis, si vous allez chez le garagiste en cas de panne pour remplacer la pièce abîmée par une neuve, ici, ça fonctionne un peu différemment...
Déjà, une pièce ne se remplace pas, elle se rafistole, ou dans le pire des cas, se remplace par une pièce elle même déjà usagée.
Ensuite, si le métier de garagiste existe bien, l'important en cas de problème est surtout de trouver la personne qui a un minimum de connaissances en mécanique la plus proche de vous, car le premier village peut être à des heures de piste.
Alors la, vous vous dites, c'est bien beau tout ce qu'elle me raconte, mais j'aimerais du vécu, pour prouver ces dires.
Le 12eme jour de notre voyage, en fin de matinée, la voiture ne démarre plus. S'ensuivent de nombreuses tentatives de Batra qui ouvre le moteur et "tripote" les pièces. Il nous dit après plusieurs heures que c'est un problème électrique, et qu'il va appeler un collègue chauffeur pour que celui ci aille acheter la pièce dans un village et nous la ramène. Il part ensuite pendant une heure pour passer son coup de fil : et oui, on n'a pas de réseau à l'endroit où on s'est arrêté, et il faut monter sur une colline à une demi heure de marche pour que le téléphone capte!
Son collègue arrivera tard dans la soirée car il est à deux heures de route, et nous partons nous coucher la dessus. Le lendemain matin, le collègue n'est pas venu, donc Batra, Bagui et Amra partent trouver la famille vivant dans la yourte la plus proche pour trouver de l'aide. Batra part avec le mari à moto vers le village.
Nous attendons son retour pendant toute la journée, et au bout d'un moment, une voiture s'arrête et deux messieurs proposent leur aide.
On est un peu inquiet de les voir démonter le moteur sans la présence de Batra, d'autant plus que ces gentlemans puent l'alcool et inspectent le moteur clope au bec... Même Amra n'a pas l'air rassurée.
Quand Batra finit pas revenir du village en fin d'après midi, on apprend que ces messieurs sont des voisins que le mari de la yourte à côté et Batra ont appelé du village pour qu'ils nous aident... (mais pourquoi ils n'ont pas donné cette info quand ils sont arrivés? le mystère de la communication mongole...).
Après une bonne heure, la voiture redémarre ! Alors tenez vous bien, la cause de la panne était un câble coupé à l'intérieur de la gaine du fil du démarreur.
pour remercier nos sauveurs, l'équipe les paient et leur offre une bouteille de vodka que nous torchons sur le champ : on y avait échappé en Russie, mais là nous avons du boire 3 bolinettes chacun, et en plus on s'est fait traité de petits joueurs avec Julien car on pouvait pas à tout boire cul sec (Erisa a gagné le respect de tous en réussissant à passer l'épreuve).
Pour le reste du séjour, on craignait que la voiture retombe en panne, car elle donnait des signes de faiblesse, l’accélérateur ne fonctionnait pas bien.
Malheureusement nos craintes se sont confirmées, on est tombé en rade 2 jours avant de rentrer sur Oulan Bator, et on a vraiment flippé de rater nos vols et trains de retour. Le van a fini par repartir après que Batra ait changé avec le mécanicien du village d'à côté au moins 5 pièces du moteur. On voulait trouver un autre véhicule pour rentrer, car on craignait que le van ne tienne pas le choc des 600 km qui nous restaient jusqu'à la capitale.
N'en ayant pas trouvé dans le village à côté, on a du repartir quand même, Batra galérant à faire repartir le moteur à chaque arrêt.
on était vraiment pas tranquilles, aussi quand on a croisé un couple en 4x4 Toyota en sortant d'une rivière, et alors que le moteur avait pris un peu d'eau et que Batra attendait qu'il sèche (...), on a sauté sur l'occasion pour demander à ce qu'ils nous ramènent à Oulan Bator.
On a eu de la chance, ils ont accepté, et on est rentré tard le soir. Finalement l'équipe a aussi pu rentrer en van 3h plus tard.
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