Dans les episodes précédents :
Après un séjour auprès du lac Baikal, nous reprenions le transmongolien en direction d'Oulan Bator. Après avoir fait libéré nos couchettes occupées par un mongole et ses dix mille sacs, nous passions un long voyage avec un premier stop de 5h à la frontière russe (avec le plaisir de voir le douanier partir avec nos passeports pendant tout ce temps) et un autre stop côté mongole qui dura "seulement" 2h.
20 jours en Mongolie, c'est une perte de repères totale : ni routes, ni heures , ni villes.
A la place, des pistes défoncées, on raisonne à la demi journée, et puis sinon c'est pas grave on verra le lendemain, quelques yourtes au milieu de l'immensité des steppes et autres paysages, et à part les nomades, des millions de têtes de bétail (au choix chevres, moutons, yacks, chevaux, et même des chameaux dans le desert de Gobi).
Ce côté authentique, c'est ce qu'on recherchait, et on a pas été décu.
Ce n'est donc pas la bonne destination si vous voulez des vacances réglées à la minute et confortables.
Car pas de ville et pas de route, ca veut dire pas d'infrastructures, seulement la nature à perte de vue, et pour pouvoir en profiter, il faut camper en tente, ou en version luxe, dormir en yourte. Dans tous les cas, oubliez la douche ou les toilettes, apprenez à communier avec la nature! (merci à Marion pour le bouquin "comment chier dans les bois", dont on a pu experimenter les conseils).
Une seule amie a été assez folle pour nous suivre dans cette aventure, Erisa nous a rejoint à Oulan Bator et a passé ces 3 semaines avec nous.
Nous avons préféré passer par une agence mongole pour avoir une voiture avec chauffeur, la conduite seul paraissait compliquée pour un premier séjour (et on confirme aucun panneau d'indication sauf sur les rares portions de route bitumée).
Nous avons eu la chance de partir avec Batra, officiellement chauffeur, mais occasionnellement aussi tueur de mouton et grand comique, Bagui, cuisto à cause de qui nous n'avons pas perdu un gramme et accessoirement fan des spice girls, et enfin Amra, notre jeune interprete gràce à qui on a appris à jouter à la belote mongole.
Et tout ce beau monde a pu voyager dans un vieux van russe UAZ hors d'âge, et malheureusement nous allions le constater, presque hors d'usage (voir le post "La Panne").
Nous avons roulé dans des endroits improbables, comme au fond d'un canyon, au bord de falaises, dans le sable...
On a fait un circuit du sud au nord : on a eu des paysages de steppe en quittant Oulan Bator, puis on a atteint l'une des 3 regions du desert de Gobi, avec une vegetation se rarefiant jusqu'à atteindre les dunes blanches tout au sud du pays. En remontant, on a ensuite visité la région de la vallée d'Orkhon, inattendue pour nous avec ses paysages de monts verts et de rivières. On a poursuivi au nord en passant par un premier lac en pleine nature, jusqu'au plus grand lac du pays qui se termine à environ 10km de la frontière russe.
Donc on en a pris plein les yeux tous les jours, et notre quotidien était assez simple : on se levait et on mangait le petit déj préparé par Bagui, on rangeait les tentes, puis on partait et on roulait jusqu'à la pause de mi journée où Bagui préparait le déjeuner, et on repartait rouler jusqu'à s'arreter en fin d'après midi dans un lieu toujours au milieu de nulle part choisi par Batra, où on plantait nos tentes et où on dinait avant d'aller se coucher.
Le parcours était ponctué de quelques points d'intérêts, notamment le monastère de l'ancienne cité capitale Karakorum qui était particulièrement joli.
Mais ce n'est vraiment pas là que réside l'attrait de la Mongolie, c'est vraiment rouler et profiter des paysages.
L'autre aspect est la découverte du mode de vie des nomades, qui a été possible grâce à la présence de nos guides mongoles.
On s'est arreté dans de nombreuses familles, de façon planifiée ou non, dans certaines que nos guides ne connaissaient pas.
Invariablement, on a été accueilli par un peu de nourriture ou de lait (pour plus de détails, voir le post "Decime moi un mouton") et on a été frappé par le comportement de nos guides qui faisaient comme chez eux : je m'allonge par terre, j'allume la télé, je prends les enfants dans les bras... Les mongoles sont très chaleureux et très tactiles contrairement à leurs voisins, et l'entraide est très importante. C'est bien sûr une question de survie, mais c'est quand même très agréable, et nous même en avons nous même bénéficié puisqu'on a beaucoup été aidé durant nos pannes.
Cette culture d'entraide est plus forte que le business du tourisme, qui il est vrai n'est pas non plus très développé.
Même dans les zones particulièrement touristiques comme au lac du nord où on a logé en yourte chez des mongoles qui vivaient à l'année dans un chalet en bois et dont c'était le gagne pain, la femme parlant même un peu l'anglais, Amra a passé le séjour à l'aider à nettoyer toute la maison. On ne sait pas quel arrangement ils ont passé, est-ce qu'en contrepartie nos nuits en yourtes étaient gratuites ou pas, mais on voit bien que l'argent n'est pas leur première préoccupation.
Enfin, la Mongolie est un pays de contrastes : contraste entre la vie nomade et la vie à la capitale Oulan Bator, contraste des nomades qui vivent toujours en yourte et elevent du bétail, mais ont un panneau solaire et utilisent le peu d'electricité pour avoir une télé et pour les plus riches une machine à laver. Il y a une forte exode rurale, et on a pu voir à Oulan Bator des chantiers innombrables d'immeubles, menées par des entreprises... chinoises.
Ce pays va certainement beaucoup changer dans les prochaines années, alors on est content de l'avoir vu maintenant. Avis aux amateurs...
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